Je parcours les billets de blogue de tous·tes mes camarades de classe qui ont été envoyé·es partout dans le monde. L’humidité implacable de l’Asie du Sud-Est, des ruines anciennes dans les Balkans, la faune en Afrique de l’Est – ces images de contrées lointaines se peignent dans ma tête et leurs mots vifs me transportent sur d’autres continents. Entre-temps, mon bureau se trouve dans le Vieux-Port de Montréal – ce n’est pas le cadre d’un roman d’aventures (cependant, avec cet été caniculaire, on a certainement l’impression d’être sous les tropiques !). J’ai pourtant réussi à demeurer actif et curieux tout en vivant dans une ville que je considère comme chez moi tout au long de l’année.

Je suis actuellement stagiaire pour le département de la Justice et des Services correctionnels du Gouvernement de la nation Crie. Même si le siège social du département est à Mistissini, dans le Nord-du-Québec, ce stage est basé dans ses bureaux de Montréal. Nous menons des entrevues avec les client·es au téléphone ou sur Zoom, puis nous élaborons nos rapports Gladue à distance. Ma collègue Selena a déjà écrit sur le travail que nous faisons, alors je vais plutôt profiter de l’occasion pour parler de la vie en dehors du bureau.

Je suis originaire de Toronto, et c’est en fait ma première fois que j’apprends à connaître Montréal en été. Durant les fins de semaines et les jours fériés, j’ai pris l’initiative de devenir touriste dans mon propre quartier. J’ai fait des trajets à Québec, dans les Cantons-de-l’Est, au fjord du Saguenay et à Trois-Rivières. J’ai découvert la beauté et la diversité de la Belle Province par ses paysages naturels, son patrimoine culturel et sa gastronomie, que je n’ai jamais eu l’occasion d’apprécier durant le reste de l’année quand je baignais dans les lectures de droit.

Lors de la Journée nationale des peuples autochtones, j’ai parcouru Ottawa où j’ai assisté à un pow-wow. J’y ai été témoin d’un puissant esprit communautaire, manifesté par ses danseur·ses et de vendeur·ses d’artisanat de nations de partout sur l’Île de la Tortue. Le vendredi précédant cette fin de semaine, j’ai organisé mon tout premier souper du Shabbat – pour lequel j’ai préparé, entre autres, un menu autochtone spécial de bannique, de sagamité au maïs lessivé, de riz sauvage et de saumon coho en croûte d’algues. J’avais également prévu d’inclure du sigabon, une oie rôtie à la crie, en un clin d’œil à mon employeur, mais je n’ai finalement pas réussi à obtenir la viande.

La Fête nationale du Québec, est un nouveau concept pour mon esprit ontarien. J’ai passé la matinée à un barbecue à Saint-Laurent avant de me diriger vers le Parc olympique pour un après-midi de musique live locaux. C’était incroyable de voir tant de gens de tous âges et de tous horizons réunis pour une telle célébration de la province. Enfin, la journée s’est terminée au Centre Segal des arts de la scène, ou j’ai assisté à la pièce de théâtre Di Shvegerins, une interprétation yiddish des Belles-sœurs du légendaire dramaturge québécois Michel Tremblay.

Cet été, j’ai également eu la chance d’essayer de nouveaux restaurants (Liverpool House a été mon préféré), de me promener dans une plus grande partie de la ville et de renouer avec des ami·es. J’ai redécoré mon appartement et agrandi ma collection de drapeaux. Bien évidemment, j’ai aussi eu beaucoup de temps pour réfléchir et planifier ce que je ferai l’année prochaine, et stresser par les annulations de cours ainsi que le peu de temps dont je disposais pour m’inscrire sur une liste d’attente (SAO my beloved… /s).

Ce que j’en suis venu à réaliser, c’est que Montréal est une ville de niveau mondial, et que la ville attire chaque année plus de 10 millions de visiteur·ses et 40 000 étudiant·es universitaires internationaux·les pour une raison. Ce n’est peut-être pas aussi excitant que les Philippines ou le Kenya, mais le 514 ne manque pas d’attractions uniques pour me divertir.